Ephémère, je butine sans plaisir
Tout cela n'est qu'un souvenir
Qui me hante pourtant comme un présent,
Un présent exposé au grand vent.
Et dans le tourbillon de ce zéphyr,
Là, bien blottie au centre, j'attends.
J'attends qu'une flamme m'embaume éternellement.
Mais tout est sombre et rien ne vient éclairer mon empire.
Pourquoi la tulipe vient-elle seulement d'éclore ?
Elle est si loin que je ne peux l'atteindre.
Et je la désire, je la désire de tout mon être,
Aurais-je la force de briser mes chaînes ?
Comme le Cerbère je me déchaîne.
Elle m'attend, je la veux, mais elle fanera ;
Tel un mirage, elle disparaîtra.
De nouveau seule et sans avenir,
J'affronte les ronces de ce manoir,
Aujourd'hui plongé dans le noir,
Afin d'atteindre, enfin, Son sourire.
Copyright Anne F.